Selon la Banque mondiale, si on ne fait rien, la pauvreté va augmenter au niveau mondial à cause du réchauffement climatique. Principal argument, selon France-info : la production agricole mondiale va chuter de 5 %.

Première remarque : si le réchauffement climatique est d'origine purement solaire, même si on fait quelquechose, on n'y changera rien. 

Deuxième remarque : d'où sort ce chiffre de 5 % ? C'est une projection, ce n'est pas une certitude. Et tant que je n'aurai pas vu des arguments solides pour justifier cette projection, je n'y croirai pas :

Déjà, dans les pays les plus développés, le réchauffement climatique passé (qui lui, est une certitude, il n'y a qu'à voir le recul de nos glaciers) n'a eu aucun impact négatif sur la production agricole :

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source : gribouillis économiques

Au niveau mondial, il est assez clair que, dans les régions en paix, la production agricole continue de progresser, alors qu'elle stagne en Afrique, déstabilisée par de nombreuses crises politiques.

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source : UK Government Office for Science, 2011 cité par Du champ à la table

Donc, clairement, si la production mondiale de produit agricole "stagne", c'est d'abord à cause des crises, des guerres, des désordres divers et variés, mais pas à cause du climat ! Pourquoi cela devrait-il changer si vite ?

En revanche, la pauvreté va probablement croître pour d'autres raisons. Ayant eu et ayant encore dans ma famille des salariés de l'hôtellerie, j'aime bien cette sentence : "Quand les riches commencent à compter leurs sous, les pauvres crèvent la dalle". La société s'organise en fonction de cette réalité : il y a des gens riches et des moins riches. Beaucoup de ces moins riches vivent des dépenses faites par les riches ; il y a des pays riches et des moins riches. Beaucoup de ces moins riches vivent des dépenses faites par les plus riches ; et si nous nous mettons volontairement, pour "sauver le climat", à jouer aux vertueux économes ça retombera rapidement sur la tête des pays plus pauvres avec lesquels nous sommes en liens étroits. Si nous taxons vraiment la "signature carbone" des biens vendus en France, l'équilibre va se déplacer aux dépends des pays les plus pauvres, ceux qui produisent leur électricité avec leur charbon bon marché dans des centrales du milieu du siècle passé, héritées des empires coloniaux, ceux qui sont obligés d'affrêter les tankers les moins chers, bref ceux qui, parce qu'ils sont pauvres, n'ont pas les moyens de s'offrir une signature carbone compatible avec notre bien-pensance.

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