Le catalogue des propositions de François Hollande me fait penser à un poème de Prévert.

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Il manque, à mes yeux, une vision globale. Mais peut-être que ce sentiment vient, de ma part, d'un à priori. Je n'insisterai donc pas là-dessus.

Certaines mesures méritent cependant qu'on s'y arrête.

60000 emplois supplémentaires dans l'éducation nationale. Pour quoi faire ?  Peut-être que, dans son souci de réduire les déficits, le gouvernement actuel a trop tiré sur la corde et peut-être qu'il manque aujourd'hui des effectifs pour répondre aux besoins. Mais embaucher 60 000 personnes supplémentaires, alors même que les effectifs des collégiens diminuent à nouveau (maintenant que la classe 2000, inhabituellement nombreuse, est intégrée) et qu'il n'y a aucune raison pour que le phénomène s'arrête, est-ce vraiment opportun ?

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"La fin de 29 milliard d'euros de niches fiscales" réparties équitablement entre les entreprises et les ménages. Les niches fiscales, ce n'est pas un "cadeau fait aux riches", c'est un moyen d'inciter particuliers et entreprises à participer à un effort national.

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Par exemple, si on veut développer les énergies nouvelles, on crée une "niche fiscale" qui incitera à l'investissement écologique. Toutes les niches fiscales, sans exception, procèdent de ce système. Alors quelles niches fiscales veut-il faire disparaître, notre cher François ? Quelles seront les conséquences sur les DOM-TOM, sur les investissements écologiques, sur la protection du Patrimoine ? Voter pour celui qui fait ce genre de promesse sans en donner le détail, c'est lui faire un chèque en blanc.

"Création de 150 000 emplois d'avenir". C'est quoi, un emploi d'avenir ? L'emploi ne se décrète pas. L'emploi est créé par les entreprises, seules créatrices de richesse, et pas par un politicard qui va, comme en 1997, créer des pseudos emplois qui tomberont dans l'oubli quand on aura constaté leur inutilité.

"Création d'une banque publique d'investissement", ou comment répondre à un besoin qui n'existe pas, en gaspillant l'argent public.

L'une des plus stupides de ses propositions : "Préservation du statut public des entreprises détenues majoritairement par l'Etat", ou comment faire une promesse dont on sait que, à cause de François Miterrand qui nous a fait approuver le traité de Maastricht, ce n'est pas possible. EDF, La Poste et la SNCF seront soumises à la libre concurrence, et, publique ou privée, ces entreprises devront faire des bénéfices pour survivre. Chaque fois que l'Etat injectera de l'argent dans ces entreprises, les autorités européennes nous taperont sur les doigts, et nous condamneront à des pénalités qui grèveront encore le déficit Public.

Séparation des activités des banques "utiles à l'investissement et à l'emploi de leurs opérations spéculatives" : Toute activité utile à l'investissement est nécessairement spéculative. Quand une entreprise fait appel à une banque pour investir, la banque qui lui accorde le prêt spécule sur la capacité de cette entreprise à rembourser cet emprunt. Quant aux placements purement financiers, ils permettent aux banques de lisser leur activité et d'amortir les chocs asymétriques, comme les décisions idéologiques et stupides prises par le gouvernement de Pierre Mauroy après mai 1981.

Interdiction des produits financiers toxiques : comme si les banques, au moment où elles ont investi, avaient connaissance du caractère toxique des investissements en cause ! Certains investissements se révèlent toxiques avec le temps, mais les banquiers, par nature méfiants et attirés par les gains, ne se sont pas amusés à investir à perte.

Relèvement de l'impôt sur la fortune pour les plus gros patrimoines : à mon humble avis d'ignorant non concerné, les plus riches, il y a longtemps qu'ils ont dépaysé l'essentiel de leurs biens. Ceux qui paient aujourd'hui cet impôt sont surtout des gens aisés, mais pas des millionnaires. Professions libérales, artisans, petits créateurs d'entreprise, simples salariés ayant leur maison familiale dans une ville touristique : tous ces gens forment la cohorte des imposés sur la fortune. Mais eux, les "petits riches", ne peuvent pas dépayser leur fortune, constituée pour l'essentiel par leur patrimoine immobilier.

Favoriser la baisse du prix du médicament. "Y'a qu'à". Prenons les chiffres de Boiron, en 2011. CA = 225,82 M€ ; Capacité d'autofinancement : 5,8% (13,15 M €), bénéfice : 0,31% (0,69 M€). comment baisse-t-on le prix du médicament ? En rognant sur un bénéfice déjà insuffisant (quel actionnaire investira demain si cet investissement ne lui rapporte rien ?) en rognant sur les investissements (donc en condamnant l'entreprise à disparaître ) ?

"l'obligation pour une commune de construire des logements sociaux est portée de 20 à 25%. " Je ne sais pas comment un village comme Marthod pourra financer cela demain.

"Mixité sociale" : allons nous imposer le lieu de résidence à certains Français ? Va-t-on instaurer un régime à la Ceaucescu où chacun ira  habiter là où on le lui dira ?

Ouvrir le droit au mariage et à l'adoption aux couples homosexuels. Le principe de précaution, quand ils s'agit de problèmes ponctuels et sans grande conséquence, on l'évoque à tort et à travers. Comment peut-on ne pas l'évoquer lorsqu'il s'agit d'un enfant dont l'avenir se construira en l'absence du plus naturel des repères : un Père, une Mère, couple incontournable pour la transmission de la Vie ?

 


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Réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75 à 50% à l'horizon 2025. Pour le remplacer par quoi ? Par le charbon, plus polluant de tous les combustibles ? Par le pétrole qui s'épuise ? Par les énergies nouvelles dont on ne sait même pas si elle pourront produire 20 % de nos besoins ?

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Inscription de la loi de 1905 sur la séparation Eglise/Etat  dans la Constitution : pour quoi faire ? Notre Constitution est clairement laïque et n'a pas besoin qu'on reprécise quoi que ce soit en la matière. C'est de la pure démagogie en direction des laïcards les plus obtus, ceux qui refusent qu'on dessine une crèche sur un menu de Noël ou qu'on installe une crèche sur le domaine public dans le cadre d'un marché de Noël...

Nouveau traité franco-allemand : dans quel but ? avec qui ? avant de le promettre, ne faudrait-il pas demander l'avis des Allemands ?

 

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