Vous avez dit sécurité routière ?

 

L'idéologie n'est pas une méthode de résolution de problèmes. Et en matière de sécurité routière, on nage encore et toujours dans l'idéologie. Chantal Perrichon a décrété que la vitesse était première cause de mortalité, on ne réfléchit plus, on accepte.

Jusqu'à présent, l'idée qui était derrière les radars fixes était la suivante : on les met dans des endroits où il est important qe tout le monde ralentisse, on informe clairement les automobilistes pour être sûr qu'ils ralentissent. Et le résultat  est là : ça marche. Seule compte l'expérience !

A l'inverse, comme il est impossible de faire un voyage de quelques centaines de kilomètres en respectant les limitations ET en restant attentif, on finit par conduire machinalement et ne pas voir le danger. Et ce n'est pas la pause toutes les deux heures qui y changera quelque chose. Les grands voyageurs que vous êtes ne me contrediront pas: pour être attentif tout au long d'un trajet, il faut un savant dosage entre des périodes tranquilles et des périodes plus rapides qui permettent de remonter l'attention à son maximum.

La difficulté avec la limitation de vitesse, c'est qu'elle est excessivement basse et qu'il est à peu près impossible de la respecter dans la durée. Ceux-là même qui se réjouissent aujourd'hui de voir abandonner la signalisation des radars seront les premiers à raler demain quand ils verront le nombre d'excès de vitesse qu'ils commettent eux-mêmes et que l'on sanctionnera. Car si on cherche réellement à conduire dans les meilleures conditions de sécurité, on ne roule pas lentement pendant tout le trajet, mais on adapte sa vitesse à chaque instant pour maintenir l'attention à son meilleur niveau tout en restant parfaitement maître de son véhicule. Et ce faisant, on dépasse souvent les 90 sur route et les 130 sur autoroute. Il est plus facile en revanche de respecter les limitations en ville (en vraie ville), là où le risque est permanent.

Ma petite expérience personnelle m'a montré que quand je roule très vite (très nettement au dessus des limites) je ne me fais jamais pincer (sauf deux fois en 30 ans) et je ne rencontre alors à peu près aucun événement majeur type accident ou quasi accident. A l'inverse, quand je reste à peu près "raisonnable", je ne guette pas les radars, et là, les flashes se multiplient comme ceux des paparazis quand Johny entre en scène. Quand aux coups de freins et aux écarts d'évitement brutal, ils sont beaucoup plus nombreux qu'en roulant vite. Et à peu près tous mes quasi accidents (on appelle quasi accident une situation où on est passé très près) sont dus à une attention insuffisante, soit de ma part, soit de celle d'un autre conducteur.

 Les statistiques officielles ne démontrent nullement que la vitesse soit une cause d'accident évidente. On nous dit que 60% des automobilistes roulent habituellement au-dessus des vitesses limites, et simultanément, on nous dit que 40% des accidents sont liés à un excès de vitesse. Comprenons nous bien : liés à un excès de vitesse ne veut nullement dire que l'excès de vitesse en est la cause, mais simplement que les gendarmes, quand ils ont fait le constat, on estimé que l'un de véhicules roulait trop vite (c'est ainsi que, pour mon accident de moto en 2001, roulant à environ 40 km/h en un endroit limité à 50, j'ai été classé en excès de vitesse ; la cause principale était mon inattention, d'ailleurs due au fait que je roulais lentement). Mais admettons quand même.

Donc ces 60% d'automobilistes sont à l'origine de 40% des accidents...

...et donc les 40 autres % (ceux qui respectaient la limitation) à l'origine de 60% des accidents ! Donc ceux qui respectent la limitation sont 2,25 fois plus accidentogènes que ceux qui roulent vite ?

Vision simpliste, il est vrai, mais mathématiquement incontestable, (c'est l'hypothèse de départ qui est idiote : ce ne sont pas forcément les mêmes, les 60% qui sont excès, en circulation tranquille, et les 40% qui sont impliqués dans un accident et en excès de vitesse) et nulle part encore, je n'ai vu un embryon de démonstration statistique comme quoi la vitesse serait réellement cause d'accident, malgré le préjugé implicite lors des constats (exemple : un vieillard roule à 50 km/h sur autoroute. Une voiture arrive derrière lui à 130 km/h, une autre arrive encore derrière à 150 km/h. La première fait un écart à cause de la surprise, il y a accident avec la deuxième : la cause officielle sera l'excès de vitesse, le simple bon sens nous montre que ce n'est pas totalement vrai). La vitesse est incontestablement un facteur aggravant, mais pas une cause : l'autoroute tue moins que la route, par km.passager, alors qu'on y roule plus vite. En revanche, le rapport mortalité par personne impliquée y est supérieure à la route.

Les radars efficaces contre les accidents ? Les résultats sur le périphérique parisien montrent le contraire. Pourquoi ? Qui a analysé cette situation précise ?

Les dernières mesures annoncées : augmentation de la taille des plaques minéralogiques pour les motos, gilets fluorescents pour les motards, ont-elles quelque chose à voir avec la sécurité ?

Monsieur Sarkozy, Monsieur Fillon, vous avez franchi la ligne jaune. Vieil électeur "de droite", je ne voterai plus jamais pour vous, pour quelqu'un qui vous soutient, pour quelqu'un qui se réclame de vous.

A moins que vous n'abandonniez ces mesures stupides ! Là on pourra peut-être y réfléchir, mais ce n'est pas gagné. Vous avez donné ma voix au camps des bulletins blancs.


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