Petite chronologie, à destination de tous ceux qui se contentent d'écouter France info au jour le jour, sans faire la synthèse, dans le temps, de ce qu'ils ont entendu.

26 février dernier

Philippe Lagauche, avocat général près la Cour d'appel de Paris, informe madame Taubira de "conversations édifiantes" laissant soupçonner entre autres choses que quelqu'un informait Nicolas Sarozy de ce qu'il était sur écoute téléphonique. Dans le rapport remis à Madame Taubira, selon Le Monde, "le magistrat y rappelle à la garde des sceaux qu'il lui est régulièrement rendu compte  de la procédure sur les possibles financements libyens lors de la campagne de 2007 de M. Sarkozy"

Vendredi 7 mars : Le monde révèle l'affaire

Lundi 10 mars : selon Le Parisien, "Sur TF1 lundi soir, Christiane Taubira avait pourtant nié avoir été informée de l'affaire avant que «Le Monde» ne la révèle, vendredi. «Je ne dispose pas du contenu de la procédure», avait-elle également dit sur France Info, le même jour. Mensonge évident quand on relit ce qu'en écrit Philippe Lagauche ("qu'il lui est régulièrement rendu compte  de la procédure...")

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crédit photo : le nouvel obs

Mardi 11 mars

Selon Le Figaro.fr, Jean-Marc Ayrault déclare que, le 26 février : «Comme c'est la loi, la garde des Sceaux a reçu une information, que j'ai eue moi-même ensuite, qu'il y avait une nouvelle information judiciaire qui avait été ouverte sur des faits extrêmement graves.» Ainsi, il confirme publiquement que Christiane Taubira a menti en disant, la veille "ne pas avoir été informée de l'affaire" avant que Le Monde ne la révèle.

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crédit photo : la Tribune

12 mars

Selon Les Échos, Christiane Taubira affirme n'avoir eu  aucune information sur le la date, le contenu et la durée de ces interceptions judiciaires. Elle affirme, à propos de sa déclaration du 10 mars précédent : "je n'ai pas menti". Mais simultanément, elle brandit un rapport photographié en gros plan par un journaliste du Monde. Selon Le Parisien, «Il en ressort que la ministre de la justice était tenue régulièrement au courant des détails des évolutions de l'enquête liée au financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007». Et selon Le Monde,  "Ainsi, l'un des deux documents dont nous publions la retranscription mentionne bien que les interceptions gênantes pour M. Sarkozy ont été réalisées, sur son second téléphone portable, entre le 28 janvier et le 11 février. Par ailleurs, si les deux rapports ne contiennent pas de verbatim de ces écoutes, ils en évoquent le contenu, à savoir les soupçons de trafic d'influence portant sur Nicolas Sarkozy, son avocat Thierry Herzog et le magistrat Gilbert Azibert."

Donc en clair, Madame Taubira ment effrontément aux journalistes, le 12 mars, tout en martellant qu'elle n'a pas menti le 10 mars. Et elle continue en montrant sur un ton cassant en niant l'évidence, en refusant de répondre aux questions, sous prétexte qu'elle donne "une parole d'État", un (mensonge d'État !), en attaquant l'interviewer.... Idem avec JM Apathie.

D'aucun diront encore que nous sommes racistes, que nous en voulons à Madame Taubira parce qu'elle est noire. Non, nous ne supportons plus que notre indigne ministre de la Justice, celle qui hait la France et les Français, perde toute crédibilité en assénant mensonges sur mensonges.

Quant à Monsieur Sarkozy, la procédure est en cours. Je note juste une chose : on a pris prétexte de soupçons concernant le financement de sa campagne de 2007 pour le mettre sous écoute... en 2013 ! Croyez vous vraiment qu'alors qu'une nouvelle campagne a eu lieu, qu'elle est alors terminée depuis 18 mois,  il va parler du financement de la précédente au téléphone ? Bien évidemment, ce n'est qu'un prétexte. C'est la chasse à l'homme qui continue. Après l'affaire Bettencourt (non-lieu pour Sarkozy) et l'affaire Karachi (non lieu pour Sarkozy), l'affaire Tapie (rien de probant à ce jour, aucune condamnation, donc la présomption d'innocence est de rigueur), les soupçons de trafic d'influence, (ici encore rien de probant à ce jour, aucune condamnation, donc la présomption d'innocence est de rigueur), on continue à dépenser des millions d'euros pour chercher si, par hasard, l'ancien Président ne pourrait pas être condamné d'une manière ou d'une autre.

Sarcophage

Crédit photo : contrepoint

Tout responsable politique est amené à prendre des risques, à être tangent avec la légalité. Sarko n'est pas tout blanc, et, à force, ils l'auront. Mais je suis convaincu qu'il n'a rien à se reprocher que l'on ne pourrait reprocher à ses prédecesseurs. Là, l'action judiciaire tourne vraiment à la chasse à l'homme.



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