Aujourd'hui, j'ai entendu coup sur coup, sur France info, Jérôme Guedj exprimant exactement le genre de poncife qui me gonfle et un cégétiste lui répondre, sans le savoir, de manière pertinente.

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Jérôme Guedj ; crédit photo : l'Usine Nouvelle

M. Guedj expliquait que, selon lui, si on permet aux entreprises de baisser le coût du travail, il faut alors EXIGER d'elles des résultats en matière d'emploi.

Le Cégétiste expliquait la concurrence entre taxis et VTC : on ne fait pas courir deux sportifs en demandant à l'un des deux de porter une charge de 50 kg dont l'autre est dispensé.

Seules les entreprises créent de vrais emplois durables. Car un vrai emploi est associé à une création de richesse, qu'il s'agisse d'un bien ou d'un service. Mais le but de l'entreprise n'est pas de créer de l'emploi. Pour créer les richesses qu'elle peut vendre, l'entreprise embauche. C'est un résultat, pas un but. Et si on veut que les entreprises embauchent, il ne faut pas en faire une condition. Il faut seulement leur donner envie d'embaucher en leur permettant de vendre leur production. Et si on le fait, des entreprises, les plus solides, les plus optimistes, embaucheront. Et tout le monde y gagnera.

A l'inverse, aujourd'hui, nos entreprises sont des athlètes courant avec un sac de 50 kg, un masque à oxygène, des godillots de sécurité, quand leurs concurrents courent simplement en short avec les chaussures qu'ils se choisissent.

La course, c'est Mitterand qui l'a imposée avec le traité de Maastricht. Nos entreprises sont mises en concurrence avec les entreprises du monde entier, sans compensation. Le sac de 50 kg, ce sont les charges démesurées qui pèsent sur le coût de travail. Les godillots, c'est l'administration et l'extrème rigidité de notre droit du travail. Le masque à oxygène, c'est notre système de subventionnement qui dope certaines entreprises et mais dont le financement asphyxie les autres. 

Lorsque nos entreprises seront plus légères, qu'elles auront l'oxygène naturel, quand les godillots seront moins lourds et moins rigides, elles seront compétitives. Quand elles seront compétitives, elles reprendront les parts de marché perdues depuis quarante ans. Quand elles vendront plus, elles embaucheront. Pas pour faire plaisir à Hollande ou à Guedj, mais parce qu'elles en auront besoin.

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