On nous annonce donc le prélèvement à la source. Le sujet qui n'est guère abordé dans les différentes analyses entendues aujourd'hui est LE sujet qui va fâcher : la transition entre l'ancien système et le nouveau.

Selon Le Monde

"Finalement, le gouvernement a opté pour une mise en place immédiate d’une année à l’autre : pendant la première année (2017), les contribuables paieraient les impôts sur les revenus de 2016 (avec l’ancien système), et pendant la seconde (2018), les impôts seraient prélevés à la source."

Autrement dit, il n'y aura pas d'impôt sur l'année 2017. Que croyez vous donc qu'il adviendra ?

- les artisans, les entreprises, les commerçants, accepteront avec joie le décalage de leurs recettes de décembre 2016 à janvier 2017 : elles ne seront pas imposables ! Il y a gros à parier que 2017 sera une année de recettes exceptionnelles pour tous ceux qui ont un peu de lattitude sur leurs dates de facturation. À l'inverse, 2016 et 2018 seront des années de recettes réduites. Donc deux années consécutives de recettes fiscales réduites.

Croyez vous vraiment que nos gouvernants en manque cruel de recettes fiscales laisseront passer le coche ?

Dans tous les cas, l'État ayant besoin de plus d'argent que ce qu'il en gagne, il viendra nous ponctionner un jour de ce qui lui manque. Et tous ceux qui ne maîtrisent pas leurs dates de recettes paieront pour ceux qui auront, et je les comprends (je les y encourage) fait le choix de basculer sur 2017 des recettes qui auraient pu apparaître en 2016 ou 2018 !

Les grands perdants de l'affaire, ce seront les salariés des classes moyennes. Comme d'habitude.

Par ailleurs, on nous parle de "simplification". Mais, comment seront gérées les déductions actuelles (adhésion à un syndicats, dons au œuvres, investissement recommandés par l'État, comme les économies d'énergie) ? Comment seront prises en compte les variations de votre situation fiscale (mariage, décès, séparations, naissance...) ?

Les services des impôts continueront, comme aujourd'hui, à devoir contrôles des déclarations, à devoir calculer votre impôt. Mais elles devront en plus faire le rapprochement entre votre impôt calculé et votre impôt déjà payé (à la source) pour faire une restitution ou demander un complément. Du travail en plus, pas de travail en moins. Où est la simplification ?

Les entreprises devront agir en receveur d'impôt, ce qui représentera évidemment une charge supplémentaire, sans contrepartie, et sans décharge pour les services des impôts. Où est la simplification ?

Encore une loi idéologique, irréfléchie, coûteuse pour les finances publiques comme pour les entreprises. Une loi typiquement socialiste.

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