Dans son discours du 14 juillet, Monsieur Hollande m'a fait peur. J'ai peur qu'il ne commence, déjà, à chercher des boucs-émissaires aux résultats désastreux que ses choix politiques vont nécessairement entraîner.

Traiter les dirigeants de Peugeot de "menteurs" n'est pas le meilleur moyen d'aider ces dirigeants à maintenir des emplois. C'est impoli, mensonger et démagogique. François Hollande est aveuglé par le brouillard de son idéologie.

 

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photo : le nouvel obs.

Car les dirigeants de Peugeot, contrairement à certains hommes politiques, ne gèrent pas leur entreprise en fonction de préjugés et d'analyses à court terme. Ils sont dans l'obligation de regarder loin, d'évaluer toutes les conséquences de chacune de leurs décisions.

"Le résultat opérationnel courant, à 1,315 MdE, matérialise une marge de 2,2% contre 3,2% un an avant. La division automobile est déficitaire de -92 ME. Le résultat net part du groupe est divisé de moitié, passant de 1,13 MdE à 588 ME" selon boursier.com, en février 2012.

La division automobile déficitaire de près de 10% en 2011, dans un contexte général de très forte baisse, ça veut dire pour 2012 une situation catastrophique, que les autres activités du groupe ne pourront pas forcément compenser. Quand on augmente le SMIC de 2%, on augmente mécaniquement le coût de travail, y compris chez Peugeot. Il est donc très logique que la réponse de Peugot à cette charge supplémentaire soit de réduire la voilure. Supprimer 8000 postes aujourd'hui pour ne pas tout perdre demain est aujourd'hui une nécessité imposée par François Hollande au groupe Peugeot PSA.

"Ce plan en l'état n'est pas acceptable, il ne sera pas accepté, à partir de là il faut engager une concertation pour qu'il n'y ait aucun licenciement sec chez Peugeot"

Bon courage Monsieur Hollande. Après avoir traité vos futurs interlocuteurs de "menteurs", je vous souhaite bien du plaisir à leur faire accepter quelque concession que ce soit, pour réduire les conséquences sociales de vos actes.

 

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