Pourquoi ce titre ? Parce que, même si les parents ne s'en rendent pas encore compte, ce titre est aujourd'hui provocateur.

Il y a à l'éducation nationale une coterie de révolutionnaires en chaise longue qui cherchent à "faire changer les mentalités" par tous les moyens. Pour eux, l'École n'est plus le lieux ou la génération en place fait partager son expérience aux générations montantes. L'École est à leurs yeux le lieu du combat politique, le lieu où, dès le plus jeune âge, il faut formater le futur citoyen aux dogmes de leur bien-pensance.

 

Comme l'a si bien expliqué François Bayrou, dans un premier temps, ils ont cassé le lien parent/élève. Exemple : ma grand-mère, sortie de l'école à 9 ans, a su aider ma mère dans les premières années de sa scolarité car, pour l'essentiel, les savoirs, les savoir-faire et le vocabulaire utilisé étaient les mêmes que ceux qu'elle avait retenus de l'école. Ma mère, avec un niveau bien inférieur à celui du bac a pu aider son fils, votre serviteur, sur des programmes qui ressemblaient encore à ceux de son époque. À l'inverse, moi, ingénieur, je n'ai pas pu aider mes enfants. Tout le vocabulaire utilisé en grammaire, les méthodes utilisées en math, la présentation de calculs ont changé. Pour nous rendre encore plus inefficaces, certains instituteurs nous ont seriné qu'il ne fallait pas aider nos enfants, ne pas chercher à leur apprendre à lire, pour ne pas les troubler avec des méthodes différentes de celles qu'ils emploient en classe. Ainsi, on a coupé l'élève de ses parents, qui ne sont plus en mesure de participer à la transmission des savoirs. Ainsi, ma famille qui est passée en trois génération de la femme de ménage à l'ingénieur est le fruit d'un enseignement qu'on a détruit au nom de l'égalité. Le résultat est logique et prévisible : avec ces nouvelles méthodes, les inégalités augmentent au lieu de se réduire. Ne vous inquiétez pas pour les enfants de nos révolutionnaires en chaise longue, eux ont réussi leurs études.

Ils ont gagné, nos révolutionnaires en chaise longue : puisque les parents ne participent plus à la transmission du savoir, ce sont désormais les enfants qui font remonter la propagande officielle vers les parents. Pour la "sécurité routière", pour la "lutte contre les stéréotypes", pour la "sauvegarde de la planète", ils sont les perroquets ignares qui font la morale, du haut de leur incompétence, à leurs parents ! Mais cela ne suffisait pas à nos "intellectuels" autoproclamés. 

Ils sont aujourd'hui sur un nouveau chemin : détruire la transmission des savoir entre les enseignants.

Tous les enseignants ont d'abord été élèves. Chaque enseignant construit sa méthode de travail en fonction de ce qu'il a lui-même perçu des qualités et des inconvénients des méthodes qu'il a pu observer. Chaque enseignant progresse dans son métier au contact des élèves et de ses collègues. Chaque enseignant peut faire progresser ses jeunes collègues en faisant partager son expérience. En résumé, les méthodes d'enseignement sont le fruit d'une transmission millénaire.

Et cela, ça ne convient pas à nos révolutionnaires en chaise longue. Ils veulent nous imposer leur vision de la pédagogie, leurs méthodes de travail, leur idéologie mortifère. Alors, sous prétexte de "transversalité", on nous imposera demain la réforme de Najat Va à l'eau Bel et bien cassée, qui nous interdira de travailler "à l'ancienne", c'est-à-dire de profiter des expériences cumulées pour faire passer le message qui est le nôtre. Je refuse de travailler dans ces conditions.

2015 09 Najat V Bien cassée Signée

Najat Va à l'eau bien cassée

d'après une photode Fred Dufour, AFP

"En effet, cette réforme veut changer les habitudes et, notamment, les barrières entre les disciplines. Désormais, les élèves de collège auront, chaque semaine, des enseignements pratiques interdisciplinaires, animés par des professeurs de plusieurs matières, dès la classe de cinquième. Les emplois du temps devraient donc être modifiés : les élèves auront une vingtaine d'heures de cours classique, avec de nouveaux programmes, ainsi que trois à quatre heures interdisciplinaires par semaine au choix des établissements." (source : le site du Sénat). L'année prochaine, je ne participerai pas, sauf avec le couteau sous la gorge, à leur machin minable. Je ferai mes cours dans l'intérêt des élèves, et pas dans celui de la propagande ministérielle.

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