La "droite", comme la "gauche", est composée de sensibilités, de mouvements, très différents les uns des autres. Chacun, isolé, ne peut rien. Seule l'alliance d'un grand nombre d'entre eux est susceptible de proposer, dans la durée, une force de proposition et des capacités d'action gouvernementale solides, pertinentes et durables.


Le sempiternel débat sur les relations entre le Front National et les autres mouvements de droite m'ont amené à une comparaison :

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source : ici.                                                 Source : ici.

On ne peut pas dire que le front de gauche soit un mouvement modéré. Mais avec son étiquette "de gauche", il a droit à tous les excès, ils lui sont a priori pardonnés. A l'inverse, la moindre déclaration à rebours de la bienpensance journalistique est immédiatement montée en épingle lorsqu'elle émane de "l'extrême droite".

Sans aller jusqu'à l'extrême droite, le qualificatif "de droite" interdit toute dérive, et même toute opinion un peu marquée. Pour qui connaît réellement la pensée et les projets de Philippe de Villiers, aucun extrémisme, simplement un gaullisme dénué de tout complexe d'infériorité, qui s'exprime avec fermeté et sans la moindre trace de concession.

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source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_de_Villiers

C'est trop pour nos faiseurs d'opinion qui, tout en disant admirer le Général de Gaulle, font tout pour remodeler le gaullisme aux couleurs du socialisme altermondialiste. Donc ils font tout pour faire classer de Villiers dans l'extrême droite.

Je souhaite que les partis politiques de droite proposent un manifeste, sans aucun a priori sur ses futurs signataires, dont l'objectif sera double :

- permettre de clarifier les termes de débats aujourd'hui stériles : c'est quoi la Droite ? c'est quoi, l'extrême droite ?

- permettre à chaque mouvement de droite de mettre en avant ses spécificités en toute indépendance tout en s'interdisant les luttes fratricides.

- éviter aux responsables politiques de droite la tentation suicidaire de se définir par rapport à la gauche, leur donner un outil pour se définir par un "plus" par rapport à une base minimale admise par toute sa famille politique.

C'est l'embryon de ce manifeste que je souhaite vous proposer ici. Bien entendu, ce n'est qu'une piste de travail : ce serait aux grands mouvements d'écrire et de partager un tel manifeste.

 

MANIFESTE DES MOUVEMENTS DE LA DROITE DÉMOCRATIQUE

 

Les signataires, par le présent manifeste, déclarent adhérer à un ensemble de valeurs qui représentent ce qu'ils appellent la «droite démocrate» et s'engagent mutuellement en application de ce manifeste.

 

1 VALEURS COMMUNES

 

Libeté, égalité, fraternité

 

Les signataires se reconnaissent dans les valeurs exprimées dans la devise de la république,

 

liberté, égalité, fraternité.

 

La liberté est indissociable de la responsabilité. Être libre ne signifie pas pouvoir agir en dépit des intérêts de sa famille, de son quartier, de sa ville, de la France, de l'Europe. 

Être libre, cela signifie en particulier pouvoir exercer ses responsabilités familiales, civiques, humanistes sans autre entrave que celle imposée par l'intérêt collectif.

 

Les libertés fondamentales seront défendues par tous les signataires , notamment : 

- liberté de parole, dans le respect de la vérité (la calomnie, juridiquement connue sous le nom de diffamation n'est pas une forme acceptable de cette liberté de parole).

- liberté d'opinion.

- liberté de choix de vie, y compris familiale.

- liberté de circulation.

- droit de vote, liberté de s'engager politiquement dans tout mouvement légalement déclaré.

- droit de grève, dans le respect du droit des travailleurs ayant fait d'autres choix.

- liberté de manifestation, dans le cadre de la loi qui vise à en éviter les débordements.

 

L'égalité, objectif inaccessible, est cependant recherché dans tous les domaines :

- égalité entre les générations,

- égalité entre les sexes,

- égalité de tous les citoyens français, indépendamment de leurs origines sociales et familiales, de leurs communes de résidence, de leurs opinions et de leurs engagements politiques ou religieux.

 

Cette égalité continuera à être recherchée sur le plan des droits et des devoirs, des avantages fournis par la collectivité.

 

L'Egalité n'est cependant pas une idéologie, et les signataires reconnaissent la nécessité de la sélection, qui doit donner accès aux plus hautes responsabilité aux plus compétents dans chaque domaine. Cette sélection doit se faire dans le respect de l'égalité des chances et des droits.

 

La fraternité implique un engagement de chacun. La désignation de «boucs émissaires», qu'ils soient «patrons», «jeunes», «étrangers»  ou opposants politiques, est inacceptable. 

En revanche, la manifestation de la vérité ne doit pas être entravée par une censure. Un «patron» voyou, un «étranger» délinquant peuvent, et doivent être qualifiés pour ce qu'ils sont si leurs méfaits sont liés à cet état.

Condamner un étranger «casseur» par haine de la France ne représente pas, une «stigmatisation» de tous les étrangers. Au contraire, cacher cette vérité vécue au quotidien par de nombreux français est une attitude anxyogène, qui participe fortement au développement du racisme.

Condamner un patron "voyou" qui abuse d'une situation pour exploiter immoralement ses salariés, ou pour extorquer indument des fonds publics, ne signifie pas dénoncer tous les patrons comme des gens malhonnêtes et avides. A l'inverse, ne pas le faire alors que de nombreux salariés souffrent de l'attitude irrespectueuse de leur direction participe à donner une image déformée du patronat dans son ensemble.

  

Aide toi, la collectivité t'aidera

 

Les signataires affirment que tout droit, toute liberté, est indissociable d'une responsabilité personnelle et de devoirs liés à cette responsabilité.

Toute personne bénéficiant de la solidarité nationale doit en échange être acteur responsable de son retour à l'autonomie.

Toute personne qui se bat pour sortir d'une situation difficile doit bénéficier d'une aide au moins équivalente, si possible supérieure à celle dont bénéficient ceux qui se reposent entièrement sur l'aide reçue sans chercher à progresser par leur engagement et leur travail personnel.

 

L'entreprise, créatrice d'emplois et de richesses

 

Les signataires affirment que l'entreprise privée est la première source de création de richesses, et la première créatrice d'emploi. Ils considèrent que le chef d'entreprise a toute compétence pour gérer son entreprise et doit pouvoir agir avec efficacité, sans que la collectivité ne fasse peser sur lui un handicap démesuré pour son activité.

La collectivité se doit, par la négociation avec les représentants des chefs d'entreprise, les syndicats professionnels, les représentants du commerce, de l'artisanat, et de toutes les activités économiques et sociales, d'adapter les politiques publiques pour favoriser la performance et la compétitivité des entreprises françaises, dans le respect des accords interntionaux et des intérêts légitimes de leurs salariés.

 

La souveraineté

 

Au sein de la construction européenne, comme en toute autre affaire en relation avec des pays tiers, les principes suivants resteront défendus par les signataires :

- la France garde sa souveraineté en matière de politique interne. Sauf accord explicite du Peuple français, les structures politiques de la France sont celle de sa Constitution, librement choisie par le seul Peuple français. 

- il ne sera pas fait d'exception au principe de subsidiarité : les sujets qui ne concernent que la France doivent être traitées par les seules autorités françaises.

- ce que le peuple français a fait, il peut le défaire : aucune décision, aucun accord, y compris international, ne peut être considéré comme irréversible. Le pragmatisme et les principes démocratiques doivent permettre d'orienter les politiques publiques de la France dans l'intérêt général, en fonction des réalités géostratégiques, économiques et sociales de chaque époque, avec l'accord ou à la demande du Peuple français.

 

Culture

 

La culture ne doit pas être un gruyère dans lequel une minorité agissante vit aux crochets de la collectivité. Elle doit être l'expression de la vitalité créatrice d'un peuple, et doit être financée dans la variété des goûts et donc des ressources. Le mécénat public doit poursuivre son œuvre en particulier en matière d'aide aux jeunes artistes ; le mécénat privé doit aussi être encouragé.

 

Une France forte

 

Les signataires déclarent que l'indépendance de la France passe par sa capacité à faire face à des menaces extérieures, seule si nécessaire, ou dans le cadre d'une défense européenne si possible. Ils s'engagent à garder un outil de défense autonome et performant : Une armée adaptée aux menaces et bien entraînée, une industrie de défense capable de répondre aux besoins de la France sans dépendre du bon vouloir d'un ou de plusieurs pays tiers.

 

Le renseignement, indispensable à la préparation et à l'adaptation de notre effort de défense doit être considéré comme une mission prioritaire.

 

La Défense nationale ne doit plus être une variable d'ajustement du budget de la nation. Les orientations en matière de défense doivent être regardées comme vitales pour la France et pour l'Europe.

 

2 ENGAGEMENTS GÉNÉRAUX

 

Les signataires s'engagent à la défense des valeurs communes mises en exergues dans le présent manifeste.

Les signataires s'engagent à respecter et faire respecter, dans leur mouvement, un fonctionnement démocratique exempt de toute forme de favoritisme. 

Les signataires s'interdisent toute participation à des manœuvres déloyales, malhonnêtes ou calomniatrices,  ils s'interdisent tout qualificatif injurieux envers leurs adversaires politiques, quels qu'ils soient.

 

 

3 ENGAGEMENTS MUTUELS

 

Les signataires s'engagent au respect mutuel. La nécessaire défense des spécificités de chacun ne passera pas par la critique d'une personne ou d'un mouvement signataire ; elle se limitera au nécessaire débat d'idée qui, seul, peut faire progresser la collectivité.

 

Si un ou plusieurs mouvements signataires exercent les responsabilités gouvernementales, ceux qui ont choisi de s'en exclure éviteront toute polémique et, là encore, se limiteront au débat d'idée.

 

Tout membre d'un mouvement signataire qui contreviendrait au présent accord sera publiquement désavoué par son mouvement d'appartenance. 

 

Les mouvements signataires enverront au moins un délégué à chaque fois qu'un mouvement signataire l'invitera à participer à un débat, qu'il soit public ou à huis clos.

 

L'acceptation et la signature du présent manifeste représente une Alliance de fait. Cette alliance est représentée par un Comité de Suivi

 

4 CONSTITUTION DU COMITÉ DE SUIVI : 

 

Le Comité de suivi est consitué de représentants de tous les mouvements signataires au proprata de leurs derniers résultats aux élections législatives. Tout mouvement signataire peut avoir droit à un représentant dans ce comité. Dans ces limites, chaque mouvement politique signataire est libre de désigner les personnes de son choix pour sièger à ce comité.

 

5 MISSIONS DU COMITÉ DE SUIVI

 

Le Comité de suivi a pour mission de faire vivre le présent document, de le faire évoluer si nécessaire en fonction des réalités du monde, tout en veillant à lui garder un caractère aussi permanent et intemporel que possible. Il n'est pas dans sa mission de faire évoluer ce manifeste en fonction de sujets d'actualité.

 

Tout mouvement signataire qui ne respecterait pas les engagements pris s'expose à être exclu de cette alliance. C'est le comité de suivi qui, à la demande d'un de ses membres, prononce cette exclusion, à la majorité des deux tiers des votants, le mouvement concerné étant exclu de ce vote. Le vote a lieu à bulletin secret.


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